Des souvenirs viennent ca et là... Je ne sais pas si cela
vous arrive aussi mais, lorsque vous vous sentez bien votre imagination vagabonde, le site
dans lequel vous êtes n'a rien à voir avec la suite de
l'histoire et vous vous transposez petit à petit dans un autre monde. Je suis au bout
d'un canal, pas très loin du bord, par un après-midi tiède de fin Aoùt. Les écrits de
Balzac arrivent, vous ne vous souvenez plus très bien de passages, mais vous replongez
dans le livre... Dans une époque ou clonages, 'Top' modèles virtuels envahissent notre
quotidien, j'ai une grosse envie d'image d'un long fleuve tranquille tel que l'on peut
l'imaginer au XIXe siècle. Le hasard d'une relecture furtive, la redécouverte de Balzac,
enfant du Pays (tourangeau de naissance), qui nous conte de fort belle manière cette
contrée qui s'étend entre Amboise et Tours. Il évoque Vouvray dans un de ses romans:
nous sommes dans la première partie du roman 'La Femme de Trente Ans', l'action se situe
en 1814... deux voyageurs en calèche contemplent le paysage qui se déroule à leurs
yeux.
"Au delà du pont sur lequel la voiture s'était arrêtée, le voyageur
apercoit devant lui, le long de la Loire jusqu'à Tours, une cha”ne de rochers qui, par
une fantaisie de la nature, parait avoir été posée pour encaisser le fleuve... Le
village de Vouvray se trouve comme une niche dans les gorges et les éboulements de ces
roches. Les effrayantes anfractuosités de cette colline déchirée sont habitées par une
population de vignerons. Le marteau des tonneliers fait retentir les voùtes de caves
aériennes. Enfin, la terre est partout cultivée et partout féconde, là ou la nature a
refusé de la terre à l'industrie humaine." |