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| En ce début de XXe siècle, la vigne est belle... les
premiers jours d'automne sont là. Il est six heures du matin, le vendangeur débute sa
journée. La main-d'èuvre est familiale, locale, salariée. Le groupe se compose de
coupeurs et de porteurs munis d'une hotte. Cette pratique, immuable, depuis des siècles a
été représentée par des écrits, représentations graphiques, dessins, peintures,
sculptures... L'équipe se rassemble habituellement dans la cour, non loin du chai. On
attèle le cheval, le régisseur donne le signal du départ vers les vignes. |
L'équipe arrive sur les lieux des vendanges, la charrette
reste au bord du chemin...Le lieu de travail est propice aux rencontres, aux rires, aux
pleurs, aux chants. Le travail dans les vignes est pénible... pour les coupeurs courbés
et contraints au rythme imposé par un 'meneur' de rang, pour les porteurs aguerris aux
meurtrissures des courroies de hotte. La collation de midi se faisait de retour à
la propriété ou sur place. La nuit venue, il fallait songer à s'en retourner et penser
à se réconforter par un dîner; après avoir travaillé des heures sous le vent, la
pluie, le soleil. Le repas du soir se composait d'une traditionnelle soupe, d'un plat de
viande, de fruits. Ceux qui étaient préposés à la coupe du raisin et les femmes
partaient les premiers. Pour les autres, il fallait fouler... les hommes avaient l'air de
danser pieds nus, le pantalon remonté au dessus du genou.
Le foulage était une pratique connue de l' Antiquité. Les verriers du Moyen-Age
en ont aussi symbolisé le geste sur les vitraux de nos cathédrales. Cette habitude resta
longtemps ancrée chez les petits propriétaires. Les riches propriétaires, qui avaient
assez d'argent, ont progressivement substitué un outil mécanique pour broyer le raisin.
Le soir qui clŽture les vendanges, on dansait au son du violon...La
dernière page est terminée et cette histoire aussi. Nous ne nous quitterons point sans
une nouvelle évocation à Colette (cf. poèmes) qui
aimaient tant Nuits-Saint-Georges et sa région: "...autour de nous règnent les sons
amortis, le calme et ce luxe suprême, bientŽt inaccessible à notre existence: la
lenteur réfléchie, la mesure. Au dehors, la bise elle- même galope, la route se couvre
d'automobiles, le téléphone grelotte sans trêve. Mais au chevet du vin cloîtré, le
temps s'endort et peut-être que nous cessons, un moment, de vieillir."
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