| Pour le consommateur, le sens de la qualité peut se
traduire par un produit sans défaut, sans conséquence pour la santé et agréable à
boire. Pour d'autres, il y faudra en plus des sensations olfactives et gustatives. Ce qui
est certain, c'est qu'un viticulteur a les moyens techniques de produire un produit de
qualité à ce jour et, s'il est un domaine ou le bouche à oreille doit fonctionner,
c'est bien pour les vins en primeur. Un moyen efficace serait d'indiquer les composants et
la méthode de vinification, par le biais de la contre-étiquette (cf. contre-etiquette, pour en savoir plus). |
| Pour des raisons évidentes de chiffre d'affaire, que l'on
peut comprendre, il ne peut toutefois pas faire 'pisser' la vigne et, ainsi, réduire les
volumes d'engrais, insecticides, pesticides, herbicides... etc. Le progrès, si l'on n'y
prête pas attention, risque de gommer les extrêmes: disparition des mauvais vins
(progrès de l'ènologie/ réglementation), ce qui est une bonne chose; mais risque,
aussi, d'abaisser la qualité des meilleurs crus. |
| Aujourd'hui le vin se boit autrement. Plus que jamais les
modes dirigent les choix. De facon habille, on oriente ce choix. Pour le Beaujolais, il
faut se rendre à l'évidence... abondamment copié par les uns, parfois jalousé par les
autres, cela reste un phénomène unique dans sa version primeur qui va, à sa manière,
saluer les premiers jours de l'hiver à travers le monde. |
| Populaire et 'gai', le Beaujolais dans sa version primeur
est, avant tout, un vin de comptoirs, de 'bouchons' comme on dit dans la région de Lyon.
Primeur oui... mais tous les vins nouveaux ne sont pas des primeurs. Le terme 'primeur' ne
peut être utilisé que pendant un mois. Le vin est dit 'nouveau' jusqu'aux vendanges
suivantes. |
Colette, romancière francaise bien connue (début XXe
siècle), écrivit de bien jolis mots sur les vins de Bourgogne et le Beaujolais
n'échappera pas à sa plume... voilà ce qu'elle exprima sur le vin nouveau: "...les
grandes portes rabattues, le Cru semblait retiré à même une grotte et, de son
haut plafond, il me jeta ensemble une chape glacée d'un air immobile, la
divine et boueuse odeur des raisins foulés et le bourdonnement de leur ébullition. Cent
mètres de voùtes s'étoilaient de lampes, les cuves rejetaient par-dessus leurs bords
les baves roses en longs festons: l'éme du vin nouveau, lourde, à peine née,
impure..." |