| Extrait de l'Ami Fritz,
1864, de Erckmann-Chatrian |
Fritz Kobus, en 1864, s'attarde dans sa vraie cave, la cave
de bouteilles... il rêve:
Si les pauvres vieux qui ont, avec tant de sagesse et de prévoyance, mis de
c»té ces bons vins, s'ils revenaient, je suis sòr qu'ils seraient contents... Ces
vins-là, s'ils sont plus jeunes que les autres, ne sont pas d'une qualité inférieure:
ils vieilliront et remplaceront dignement les anciens. C'est ainsi que se transmettent les
traditions et qu'il y a toujours, non seulement du bon, mais aussi du meilleur dans les
mêmes familles. Oui, si le vieux Nicolas Kobus, le grand-père Frantz-Sépel, et mon
propre père Zacharias, pouvaient revenir et goòter ces vins, ils seraient satisfaits de
leur petit-fils... C'est triste tout de même! des gens si prudents, de si bons vivants,
penser qu'ils ne peuvent seulement plus goòter un verre de leur vin et se réjouir en
louant le Seigneur de ses grŠces! Enfin, c'est comme cela; le même accident nous
arrivera t»t ou tard et voilà pourquoi nous devons profiter des bonnes choses pendant
que nous y sommes!
Après ces réflexions mélancoliques, Kobus choisit les vins qu'il voulait
boire ce jour, et cela le remit de bonne humeur. |
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