Image poétique
et peut-être pas d'un grand cru,

il faut cependant que tout à chacun
puisse exprimer son art ...

 

 
J'ai toujours eu une profonde sympathie pour ces vignerons qui travaillent sur le terroir alsacien. Certains vous diront que l'on a retrouvé des pépins de raisins fossilisés des milliers d'années avant JC, mais il ne faut pas en déduire que l'on savait le vinifier. Ces pépins venaient certainement de vignes sauvages dont on consommait les baies. En ce qui concerne l'implantation de la viticulture, dans cette région, je penche plus pour la version de l'époque gallo-romaine, donc au début de l'ère chrétienne. Par la suite et comme un peu partout en France, la viticulture devint une affaire d'église avant de finir en affaire d'états (les diverses occupations à différentes époques sont là pour en témoigner). Strasbourg fut un port fluvial important et une plaque tournante pour le marché des vins vers l'Europe du Centre. Cette influence s'arrêtera au moment de la guerre de Trente Ans.
 
On pense, à tort, que l'Alsace correspondrait à la Sibérie de notre hexagone. L'hiver est rude, mais le printemps est souvent précoce. La barrière naturelle des montagnes vosgiennes protège les vignobles de nombreuses intempéries.
 
Il y a quelques années de cela, les récoltes étaient vendues en tonneaux, chez le vigneron, après dégustation du cru et discussion du prix avec l'acheteur. De nos jours, bien des caves de vignerons sont vides de leurs magnifiques fùts de chêne. Négociants-éleveurs, coopératives, viticulteurs commercialisent rarement en barrique, mais en bouteille appelée 'flùte'. Toutes ces bouteilles ont l'inscription obligatoire 'Appellation Alsace Contrôlée' complétée de l'indication du cépage.
 
Ce vignoble ne conna”t point de châteaux mais des villes et des bourgs. Pour conclure ce témoignage et à l'image de l'étiquette annonciatrice du bonheur, je citerai quelques phrases de Patrick Suskind (Le Parfum -XXe siècle) :" Jean-Batiste tend la main vers les odeurs tant attendues... Boit ce verre d'odeur fra”che... Un délice qui vous libère, à tel point que le cher Jean-Baptiste en a les larmes aux yeux... C'était l'odeur fra”che du jour qui approche...".