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De l'influence bordelaise...
Les Ducs d'Anjou sont devenus, par héritage, ducs d'Aquitaine
et rois d'Angleterre. Ayant dō céder, après forces
guerres, certaines provinces aux rois de France (la guerre entre
français et anglais dura trois siècles presque sans
discontinuer), les rois d'Angleterre ont pu consacrer toute leur
attention aux vignobles de leurs gracieux et loyaux sujets d'Aquitaine.
Cette loyauté s'achetait fort chère et à coup
de privilèges.
Richard Coeur de Lion y tenait régulièrement sa cour,
parlait la langue de Gascogne et veillait à faire vendre
le vin bordelais à ses sujets en Angleterre. Au XIIIe siècle,
Jean Sans Peur annonce une préférence définitive
pour les vins de Gascogne qui deviennent le breuvage, en usage,
à la cour de Londres.
La conjoncture joue aussi en faveur de Bordeaux: Aliènor d'Aquitaine se remarie avec
Henri Plantagenêt et apporte le duché, en dot, à la couronne d'Angleterre. La ville
s'enrichit et petit à petit, la viticulture remplace les landes et les bois autour de
Bordeaux.
Au XVIe siècle, après la défaite anglaise à Castillon (du même coup, cela mit fin à
la guerre dite de Cent Ans), le roi de France Charles VII juge de punir les Bordelais par
la suppression de certains privilèges. Les villes du 'Haut Pays' tels que Cahors,
Libourne, Gaillac...l'en remercient et ceci autorise, de fait, le transit des vins de ces
Pays par voie fluviale/ maritime via Bordeaux.
Cette lutte d'influence ne va pas s'arrêter en si bon chemin, puisque les marchands
bordelais obtiendront, du roi de France Charles IX (XVIe siècle), que les vins du 'Haut
Pays' stockés sur les quais des Chartrons, soient bradés, de faêon à faire place aux
vendanges bordelaises.
Cette guerre d'usure durera jusqu'au XVIIIe siècle, époque à laquelle va se dessiner
l'image du grand Bordeaux rouge.
Les difficultés politiques, entre la France et l'Angleterre, ont pour une part
contribuées à la promotion de cet or noir vis à vis de l'aristocratie anglaise. Les
vins par leur rareté (la guerre ne facilite pas les échanges commerciaux) deviennent
l'élite d'une société et donc un signe de distinction. C'est au XVIIIe siècle, que
l'aristocratie britannique doit céder sur un certain nombre de privilèges: on s'en est,
peut être, consolé en affichant une autre manière de vivre.
L'exigence, en contre partie, des négociants/ importateurs fait progresser
l'identification des produits.
Au XVIIIe siècle, les grands vins sont connus par leur provenance et leur millésime. Les
premiers, seconds, troisièmes crus sont identifiés. Ce sont surtout les prix qui fondent
la hiérarchie. La première classification, associant les crus aux communes, date du XIXe
siècle. |